Les Fourches caudines – Episode 31

Comète

« Si quelque chose arrive, ce sera de ma faute, Isaac. Si tous nos projets s’effondrent, ce sera de ma faute.
– Non, dit l’enseignant, je t’interdis de te blâmer. Je nous ai conduits ici et je nous garderai ici en sécurité. Je vous garderai en sécurité. Nous ne bougerons pas.

Héliä eut le sentiment qu’il en savait plus que ce qu’il daignait dire. A la façon qu’il avait de faire les cent pas, comme s’il poursuivait à l’infini quelqu’un d’invisible dans leur minuscule maison, elle croyait deviner qu’il menait ses propres combats, sans elle ; comme lorsque, du haut de l’escalier, en plein milieu de la nuit, entre deux sommeils, elle le surprenait assis sans bouger sur le canapé, perdu dans ses pensées. En réalité, Héliä avait du mal à croire qu’Isaac eût pu ignorer la mort de son père tout en organisant son arrivée.

– Tu es certain que c’était lui ?
– J’ai tout utilisé, Héliä. Un logiciel de reconnaissance faciale, la reconnaissance vocale, la géolocalisation, je ne suis pas fou, enfin ! Est-ce que tu vas me dire ce qu’il s’est passé ?
– Et c’est lui qui a proposé le lieu ? Ou c’est toi ?
– C’est lui. Pourquoi ? Il n’est pas venu ?

Les larmes se mirent à couler sur le visage d’Héliä : comme elle était déjà trempée, elle les laissa faire. Soudainement, elle se revit, lorsqu’Isaac et elle étaient partis ; déjà dans le même état : Héliä aurait voulu être à des kilomètres de là. Tout le temps du voyage de retour, ses pensées ne lui avaient pas laissé un instant de répit, et elle se sentait comme si elle avait récupéré son frère une seconde plus tôt.

– Même s’ils t’avaient suivie ce soir-là, l’année dernière, Héliä, tu n’avais pas de mouchard, souviens-toi. Il aurait fallu sans cela un acharnement sans faille pour nous retrouver, avec les précautions que j’ai prises… Mais je sais, tu vas me dire que c’était peut-être un mouchard plus perfectionné, un truc indétectable…

Lysandre était-il capable d’un tel acharnement ? Qu’est-ce que lui et sa mère avaient pu manigancer ? La pensée que son ancien camarade eût pu la suivre l’avait hantée à chaque pas. Et en même temps, pourquoi n’en avait-il pas profité pour la voir ? Sa « mission » avait-elle finalement eut raison de son honnêteté ?

Héliä n’avait pas obtenu beaucoup plus d’informations de Jonàs, si ce n’était que Lysandre semblait s’être occupé de lui depuis que leur père était décédé. « Accident », et puis quoi encore ? Confuse de son insécurité, Héliä changea brutalement le visage des coupables :
– Tu dis que je n’avais pas de mouchard, lança-t-elle à Isaac. Mais c’est toi qui m’as fouillée.

Elle s’en voulut au moment même où l’accusation franchit ses lèvres.

Isaac marqua un temps d’arrêt, hébété. Il cessa de marcher de long en large, et lui parut s’effondrer alors qu’il avançait à présent vers elle, croulant et vieillissant un peu plus à chaque pas.
– Héliä, Héliä, Héliä… soupira-t-il.
Elle tenta de s’excuser mais les mots sortaient de sa bouche presque malgré elle :
– Je sais bien que ce n’est pas possible, mais tu sais à quel point je hais le mensonge. Je déteste qu’on me mente. Tu penses que je suis paranoïaque ? pressa-t-elle en hurlant encore un peu.
La mort de son père tambourinait contre ses dents, mais elle n’osa rien dire.
– Tu as toutes les raisons d’être paranoïaque, tu sais.
– Et pourtant, je me promène à l’air libre, on est là toi et moi, et des dizaines d’autres, pourquoi personne ne vient-il nous chercher ? Pourquoi ma mère ne vient-elle pas me chercher ?
Isaac passa sa main sur sa nuque et expira. Il tenta de s’approcher d’Héliä pour l’attraper par les épaules, mais elle recula :
– On serait fixé, au moins.

Il n’insista pas ; au lieu de cela, s’assit. Autour d’eux, le petit salon-cuisine dans lequel ils partageaient leur quotidien comme n’importe quels colocataires, cet espace optimisé au maximum, aux lumières douces pour les yeux, aux plans de travail inrayables. Isaac passa une main sur la table : à bien des égards, cette pièce bâtie de solidarité et de patience était autrement plus luxueuse que son ancien appartement.
Devant l’impatience manifeste d’Héliä qui restait debout, il demanda :
– Sais-tu ce que cela signifie pour moi, d’avoir été ton professeur ?
Héliä sentit arriver le discours du vieux sage, n’en avait pas la patience.
– Non. Comment voudrais-tu que je le sache, Isaac, arrête avec tes questions rhétoriques.
Devant la mine peinée de Guillaux, Héliä desserra ses bras, qu’elle avait gardé croisés depuis son arrivée, lança un regard vers le haut de l’escalier, et il lui sembla une seconde se voir s’observer elle-même.
– Pendant quatre ans, commença-t-il, je t’ai vue devenir celle que tu es, je t’ai vue t’émanciper, te mettre seule à réfléchir. Je voyais le monde s’effondrer jour après jour dans une ignorance qui me laissait impuissant, malgré mes efforts. J’espérais depuis des années pouvoir aider les élèves à comprendre qui ils étaient … et pourquoi ils étaient là … à tenter de leur redonner une confiance qu’ils me paraissaient avoir perdue, presque dès l’enfance.
Héliä s’assit sur la table, croisa les jambes, sembla n’écouter qu’à moitié.
– C’est terrible, tu sais, on considère toujours, d’une certaine manière, cette autorité que l’on est censé avoir sur vous… Mais tout le monde oublie que l’on est là, presque à nu, sous les yeux de quarante gamins jugeant plusieurs heures par semaine tout ce que vous faites, sans avoir aucune idée de tous les obstacles qu’il vous a fallu soulever pour en arriver là.

En parlant, il continuait de passer sa main sur la surface lisse de la table, manipulant de temps à autre les objets qui y étaient posés. Héliä ne comprit pas pourquoi, mais elle eut un instant l’impression que c’était ce discours qu’il répétait, la nuit en silence, lorsqu’il s’asseyait là, incapable de trouver le sommeil. Isaac lui fit inexplicablement honte l’ombre d’une seconde ; la seconde suivante, elle fut tentée de l’admirer.
– Mais toi, reprit-il en respirant si fort qu’elle crut qu’il allait se sentir mal, dans ce monde déliquescent…Je veux dire… Bon sang, Héliä, lâcha-t-il enfin en lui agrippant le poignet si fort qu’elle sursauta. C’est à toi que je pense quand le monde devient trop laid. Comment pourrais-je te mentir sur quoi que ce soit ?

Héliä n’était pas certaine de tout comprendre, ni de tout vouloir comprendre. Elle voulut lui dire qu’ils avaient tué son père, qu’il fallait qu’elle fasse quelque chose. L’aveu cogna à nouveau contre ses lèvres scellées.
Et lorsqu’elle perçut le silence de son professeur, elle crut qu’il avait, à son tour, perdu les mots : cela lui tirailla l’estomac, comme de voir un funambule à l’essai entre deux falaises. Elle observa son hésitation. Isaac n’osait même pas lever les yeux vers elle, et finit par lâcher son poignet sans même l’avoir regardée.

La mâchoire d’Héliä se desserra sans elle. Elle décida de ne rien dire de la mort de son père, de son assassinat éventuel. Pas tout de suite, peut-être jamais, peut-être un jour où ils devraient à nouveau entrer en contact avec le monde des autres. Elle s’assit à côté d’Isaac et le prit dans ses bras ; il lui sembla qu’il se laissa faire simplement.
Si Héliä n’était pas prête à tout partager, son professeur était alors pour elle le seul adulte ayant échappé à la malédiction.
– Je ne veux pas que tu t’inquiètes, murmura Isaac. Ou plutôt, corrigea-t-il, je voudrais que tu ne t’inquiètes pas.
Elle s’écarta de lui et le regarda dans un sourire.
– Votre apparence laisse à désirer, Monsieur Guillaux, dit-elle en lui donnant une petite tape sur le visage. Vous êtes un peu pâle, et vous n’êtes pas rasé.
Il rougit ; elle se sentit à peine plus forte.
– Jonàs est au foyer avec Bastien, dit-elle en se levant précipitamment. J’ai besoin de marcher un peu, de prendre l’air. »
Et laissant là son ancien professeur, Héliä sortit sans le regarder.

Héliä ne pouvait pas savoir ce qu’Isaac avait essayé de lui dire plus tôt dans la journée : que c’était pour ça que l’arrivée de Jonàs avait été si tardive ; qu’il savait que son père était mort, et qu’il savait également qui l’avait tué.

 

 

 

 

Héliä s’éloignait lentement de la maison, puis du Phare. Ses pas la conduisaient sur une petite colline, non loin de là ; une butte qui avait dû être auparavant verdoyante ; maintenant recouverte de parpaings, de grues à l’abandon, comme des squelettes de dinosaures ferrugineux qu’on aurait laissés moisir là. Des flaques de ciment déversé par accident pavaient le chemin de manière irrégulière et Héliä tenta de sautiller d’un bloc à l’autre, comme un enfant sur les bandes d’un passage piéton. Si elle pouvait arriver quelque part, sans avoir à marcher sur la terre sèche, alors elle serait sauvée. De quoi ? C’était incertain.
Le crépuscule se noyait dans la rouille, serpentant sur les tuyaux de fer dispersés çà et là, et le tout pouvait presque ressembler à un terrain de jeu improvisé. La jeune fille avisa un énorme tunnel de béton, dans lequel la pluie violemment tombée un peu plus tôt avait creusé des sillons encore dégoulinants. Elle resta là, quelques minutes ; à l’abri.
Considérant le bout du tube comme une issue extraordinaire, elle se mit à imaginer que lorsqu’elle en sortirait, le monde aurait soudainement changé : en contrebas, la ville ne ressemblerait plus à cette fourmilière piétinée, à des viscères de béton grouillant au fond d’une cuvette, de béton elle aussi ; ce nid de vipères qui vomissait lumières et amauroses. Elle respira lentement, cherchant en elle une pensée magique rescapée du monde de l’enfance, un vieil enchantement qu’elle aurait appris dans les livres et qui lui aurait permis de redessiner le monde à sa manière, sans misère, sans pouvoir, sans besoin d’échappatoire. Ce doute-là – de ne pas savoir, tant qu’elle ne se serait pas extraite du tube, si son rêve allait se réaliser ; ce doute-là, Héliä l’aimait souvent. Mais pas ce soir.
Alors, prête pour la énième fois à mesurer son échec, elle sortit.

Rien n’avait changé. Évidemment. Il faisait juste un peu plus sombre, on devinait les dernières lueurs du soleil au loin, et la pollution recouvrait d’un écran opaque un ciel qu’Héliä avait toujours connu sans étoiles. Autour d’elle, le fantôme du chantier se dressait ; ses ombres formaient à présent des monstres dans l’obscurité, des pattes d’araignées étêtées ensanglantées, figées dans le ciment, des bêtes cylindriques, comme d’informes robots en panne dans la nuit noire. Elle gratta du pied un morceau de terre ramollie : il y en avait tellement, de ces chantiers, entrepris à la va-vite, et délaissés, faute soudainement de moyens. Ce ne serait plus très long avant que celui-ci soit racheté, réinvesti, et peut-être, une fois encore, abandonné.

Devant ce paysage apocalyptique, Héliä repensa à l’un des cours d’Isaac, où il avait abordé ces vieux ouvrages de science-fiction dont aucun autre professeur, il lui semblait, n’osait parler. Dans ces histoires qu’il racontait, les personnages vivaient dans une certaine nostalgie du passé, détenant comme autant de trésors des objets parvenus d’une autre époque, cherchant les vieux livres comme des pépites dans la rivière, fouillant les vieux rêves telles des cavernes ancestrales.
Certains avaient survécu à la destruction, d’autres la recherchaient, mais tous semblaient croire que la vie était meilleure avant. « Le problème, disait Isaac, c’est que personne ne nous dit réellement avant quoi. Avant la science ? Avant la religion ? Avant l’humain ? Avant que des nanomachines puissent déboucher des artères et sauver des vies ? Le passé n’est pas une issue, concluait-il, il n’est qu’une porte vers le présent, rien de plus. »

Elle ne savait pas non plus quel était cet « avant » auquel la littérature et la vie tout entière semblaient faire appel comme à un autre messie. Elle avait longtemps pensé que l’idée de sauver le monde avec une série d’explosions restait un autre idéal qui ne faisait que sous-estimer la bêtise humaine. Le présent, pour Héliä, c’était cela : un bâtiment que peut-être on ne pourrait jamais achever. Cela, oui, c’était la seule image qui lui donnait envie de tout foutre en l’air, elle d’ordinaire si retenue.
Mais voir autant d’humains offrir tout ce qu’ils avaient pour donner vie au Phare avait changé sa vision des choses. Au moment où elle avait cru la solidarité morte pour de bon, Isaac l’avait portée là où tous renonçaient à l’argent, au confort, au pouvoir – au profit de l’entraide. Ils n’étaient qu’une poignée, pourtant.
Les yeux d’Héliä parcouraient les arêtes sombres des buildings dont les innombrables écrans s’allumaient ; et elle ne put s’empêcher de penser : était-ce suffisant ?

Son ventre lui fit mal ; elle s’assit un instant sur une dalle de fortune : on avait beau avoir répété à la jeune femme, partout où elle passait, qu’elle était brillante, qu’elle ferait de grandes choses, Héliä ne pouvait se résoudre à l’idée d’un avenir. Prendre soin de Jonàs lui semblait soudain la plus lourde des tâches ; et elle songea à nouveau à son père. Pendant quelques dizaines de minutes, ç’avait été comme s’il était encore en vie, et Héliä comprit soudain ce sacrifice silencieux mais quotidien, ce choix qui certes lui avait paru tiède mais qui s’avérait rassurant, cette tactique que son père avait employée tous les jours depuis sa naissance, et qui consistait simplement à la garder en vie, instruite, à l’abri d’un foyer fissuré de l’intérieur mais qui sauvait les apparences ; et elle s’en voulut de ne pas avoir appris à connaître davantage cet homme qui lui avait donné cette vie dont elle ne savait trop que faire à présent. Elle s’en voulut de n’avoir pas su donner à sa famille la valeur qu’elle devait avoir : deux parents, deux enfants, elle le savait, ça constituait déjà un miracle.

Car il y avait cela, aussi, la « particularité » d’Héliä. Celle qui faisait qu’on murmurait parfois dans son dos dans la cour de récréation, celle qui avait fait s’accumuler les commentaires sur des réseaux sociaux qu’elle avait fini par abandonner : Héliä était une enfant naturelle. Elle était née de l’union physique de son père et de sa mère, à une époque où non seulement, les désirs de procréation s’étaient éteints, mais où ils devenaient de toute façon impossibles à satisfaire. Les fécondations échouaient sans aide médicale : perturbateurs endocriniens avaient rongé ovules et spermatozoïdes ; les centres de fertilisations proposaient quasiment des enfants sur catalogue, faits du sang et des rêves de ceux qui avaient pu rester en bonne santé, ou qui avaient simplement réussi à survivre.
Au-delà de tout cela, sa conception semblait à Héliä remonter à une époque plus légendaire encore : celle où ses parents avaient dû s’aimer suffisamment. Suffisamment pour trouver encore un peu plus le temps de s’aimer. Suffisamment pour prendre des risques. Suffisamment pour y parvenir.
Héliä ignorait tout de ce que son père avait vécu avant, de ses premières amours, de ses peurs intestines, des complexes qu’il avait eus lorsqu’il avait son âge. Ce qu’elle pouvait concevoir de l’idée de faire un enfant, elle le bâtissait à partir d’images convoquées dans la littérature du passé. Au-delà de ça, que restait-il ? Quelques légendes urbaines et défaitistes, des extraits de cours de biologie. L’image du désamour de ses parents, de la violence sourde et quotidienne de leurs échanges, ne faisait qu’obombrer davantage ses certitudes vaporeuses.

Quelques larmes coulèrent sur le visage d’Héliä. Il avait trouvé la chambre vide, les rideaux battant dans le vent, l’écran clignotant encore de la vie que sa fille menait dans d’autres réalités. Il avait vu fuir une partie de lui, peut-être la dernière en laquelle il croyait. Au vu des choix que sa mère avait plus tard faits, il apparaissait clairement à Héliä, à présent, que son père était la raison pour laquelle on ne lui avait probablement jamais imposé d’implant à la naissance. Que c’était grâce à lui qu’on n’avait pu la poursuivre. Et elle ne l’avait jamais mis dans la confidence de quoi que ce fût. Elle ne lui avait pas même dit au revoir.

Le monde grouillait en bas dans la terreur de la fin, d’une épidémie incontrôlable, d’une énième bombe atomique, d’un attentat venant du dehors, des terroristes qui rendaient les rêves stériles. Et pourtant, Héliä le savait, les Edistyens avaient plus de chances d’être anéantis par la foudre, qui frappait leur sol plus d’un million de fois par an. Mais c’était ainsi : les peurs invisibles, créées de toutes pièces, masquaient les risques réels et perpétuels d’une vie qui pouvait démissionner à tout moment.
Héliä sortit de sa poche la clef que Lysandre lui avait offerte, la jeta au sol, et la piétina jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien.

Alors, elle reporta ses yeux vers le ciel désormais noir, se leva, ne le quittant pas du regard, son corps tendu comme face à un ennemi qu’elle aurait voulu abattre de ses poings. Elle crut qu’elle allait le défier de lui envoyer des éclairs, de la griller sur place comme n’importe quel misérable insecte.
Mais au bout de quelques secondes, elle se rendit compte qu’elle priait.
Elle maugréait entre ses dents des formules qu’elle-même ne comprenait pas, et elle n’appelait pas les rêves, n’invoquait aucune puissance supérieure : elle s’en remettait à la science et au hasard. Car ce qu’Héliä espérait de toutes ses forces, c’était que le ciel s’ouvre au-dessus d’elle un instant, révélant ses étoiles, enfin ; et qu’un météore, achevant de trouer les nuages, vienne s’écraser de tout son poids sur la colline, l’emportant, et balayant avec elle, d’un même cataclysme, l’humanité tout entière.

 

Ensuite seulement, Héliä s’autorisa à pleurer et à hurler. Elle ne cessa qu’au matin.

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