Les lieux : 4. La basse-population

En faisant le panorama d’Edistyä, nous avons déjà abordé Oniria (la cité des Onironautes), Alias (où vivent les « Autres », dont Isaac, Héliä et Bastien), ainsi que Cauquasia, terre désertée des Hérétiques, et Kahyal, peuplée de Refouleurs. Nous n’avons pas encore abordé Satyä, la cité des Artistes, de laquelle il n’y a plus grand-chose à dire pour le moment puisque Daniel et Tomàs l’ont quittée il y a quelque temps déjà ; ni Leiko, la capitale (que je garde volontairement pour plus tard). Mais nous avons aussi laissé de côté la plus grande partie de l’Etat : celle où vit la « basse-population », comme la nomment les dirigeants d’Edistyä et, par cynisme, certains habitants eux-mêmes.

 

Alors, certes, le nom de « basse-population » ne désigne pas un lieu à proprement parler, mais une population qui habite un ensemble de lieux. Sur la carte d’Edistyä, on peut voir que la basse-population recouvre la quasi-totalité du pays. Elle regroupe en réalité de très grands quartiers, entièrement détenus par des entreprises plus ou moins grosses et nommés par elles. Trois d’entre elles se partagent essentiellement le territoire, dont Bogus, d’où viennent Lysandre, Héliä et Isaac ; et Descors, d’où vient Archibald, personnage loufoque qui se promène avec un caddie rempli de billets, rencontré par Daniel et Tomàs au début de leur pèlerinage. Ces entreprises travaillent en lien étroit avec les Psychonautes ( dont le rôle et la composition ne sont volontairement pas clairs à ce stade de l’histoire) et l’Etat même d’Edistyä dont Leiko est la tête.

 

Puisqu’il est multiple, le territoire de basse-population présente des aspects bien différents, depuis des quartiers complètement abandonnés, comme la station de ski dans laquelle Lysandre va se perdre dans l’épisode 36, des quartiers gris comme celui dans lequel vit Héliä au début du récit, et d’autres plus riches comme celui où vit Lysandre.

tour hélice.jpg
Tour qui a inspiré (largement) l’idée du bâtiment où vit Lysandre.

Les « quartiers » se forment aussi en fonction du niveau social des gens qui y vivent : ainsi, en y patrouillant dans l’épisode 22, Lysandre dit d’un quartier qu’il est plutôt malfamé car des Inaptes – des gens qui ne travaillent pas – y vivent. Plus tard, vous aurez l’occasion de découvrir que certains autres quartiers sont peuplés de SDF. Majoritairement, la basse-population est pauvre et délaissée par Edistyä : on y investit peu en termes d’infrastructures, par exemple. La population est livrée à elle-même et certains quartiers sont très violents (Lysandre mentionne ainsi l’odeur de sang des caniveaux, toujours dans l’épisode 36). Les mieux lotis y sont ceux qui travaillent indirectement pour l’Etat sans être encore assez importants pour vivre dans la capitale même – ainsi, Lysandre vit dans un bâtiment assez luxueux, semble ne manquer de rien, mais voit quand même l’eau rationnée selon les intempéries (épisode 37).

Le propre de la basse-population est de n’avoir aucune identité, surtout pas culturelle. Elle s’organise de manière anarchique au point que, à certains endroits, certains semblent vivre coupés de la société, presque à la manière d’Alias – c’est le cas du bâtiment qu’infiltre Lysandre dans l’épisode 17. La basse-population, soumise majoritairement à la misère et à la désinformation, n’a rien qui lui permette de s’unir, trop prise qu’elle est par le simple fait de survivre.

Puisqu’elle n’a pas d’unité culturelle, elle n’a pas non plus d’architecture typique. La plupart des quartiers s’habillent au gré des lunettes de réalité virtuelle portées par les habitants et des hologrammes projetés çà et là. Certains quartiers sont plus modernes que d’autres, qui ont encore de vieux panneaux d’affichage. L’Art restant de toute façon lettre morte dans Edistyä, les bâtiments sont froids et ont avant tout un but pratique – ils sont même parfois entièrement bâtis par des imprimantes 3D géantes. Quelques petits éléments sont cependant mentionnés, comme la présence de certains purificateurs d’air inspirés de ce modèle :

Purificateur air pollué.jpg
(Oui, je lis beaucoup Sciences et Vie and so should you 🙂 )

 

Héliä évoque aussi les éclairages bioluminescents présents à Bogus (quartier assez bien aménagé).

Bioluminescence 2.jpg

Le Cimetière est également évoqué, dans l’épisode 37. Si à Oniria, ce dernier est uniquement composé de tombes (appelées « cippes » au féminin) surmontées de pierres en forme de phares (appelées « cippes » au masculin), il est, dans le reste d’Edistyä, légèrement modernisé : les vieux cippes y côtoient des écrans et même des murs d’écrans – on incinère les gens par manque de place pour les enterrer, et par manque d’intérêt des habitants pour ceux qui ont trépassé.

Le ballet incessant des microbots plane toujours au-dessus de la basse-population, bien entendu bardée de caméras, surtout dans les quartiers où les gens portent peu de lunettes de réalité virtuelle. Pour cela, je vous renvoie au dernier épisode de la saison 3 de Black Mirror, qui avec ses saloperies de petites abeilles, dresse en effet un bon aperçu de ce que certains scientifiques envisagent pour le futur (des abeilles mécaniques programmées informatiquement pourraient à la fois être des caméras et remplacer nos abeilles pour la pollinisation) !

Certains bâtiments arborent des fermes hydroponiques, d’autres sont inachevés -parfois de gigantesques tours – et les gens y vivent de manière souvent à peine humaine, parfois plus humaine que partout ailleurs.

 

Je n’ai pas encore eu le temps ni l’occasion d’aborder certains bâtiments spécifiques, à l’exception de l’école, celle de Bogus, qui n’a volontairement rien de particulier. Les hôpitaux, par exemple, ne sont jamais mentionnés (ça viendra dans le tome 2, patience ^^, mais nous allons en voir un, en partie, à l’extérieur d’Edistyä). En revanche, nous aurons bientôt un aperçu d’un hôpital psychiatrique… Les commerces « culturels » (qui n’en sont plus vraiment), sont remplacés par des bornes, qui ressemblent à celles sur lesquelles on peut aujourd’hui acheter des tickets de métro, à l’exception du fait que l’on peut tout y commander. Il n’y a plus de supermarchés – si certains quartiers ont rétabli des commerces de proximité, encore une fois de manière anarchique, la plupart des achats se font par Internet et plus personne n’a de temps à sacrifier pour se nourrir. Les démarches diverses, notamment administratives, étant dématérialisées, les bâtiments qui aujourd’hui les abritent n’ont plus lieu d’être et ont été investis par des habitants – il faudrait que j’ajoute d’ailleurs une petite description dans ce sens, quelque part…

Les matériaux utilisés pour les constructions sont très variés, depuis les matériaux recyclés (on peut aujourd’hui construire des maisons avec des « briques » faites de plastique recyclé), jusqu’aux bonnes vieilles pierres qui datent d’il y a des siècles, en passant par des conteneurs réhabilités. L’idée clef est celle d’un énorme patchwork fait de bric et de broc et aménagé au gré des volontés des entreprises, qui n’ont pas forcément en tête l’amélioration du bien-être quotidien des Edistyens. Se loger est devenu une contrainte pragmatique – la notion de « foyer » est dépassée.

Voilà pour la basse-population, en espérant que cet article vous permette d’avoir une idée plus claire de ce à quoi ça ressemble ! Mais ne vous inquiétez pas, Isaac va y faire une petite promenade d’ici peu…

A bientôt !

AM/Lil.

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